Film Club

SCALA – Le film CLUB par celles et ceux qui le font :

Jamais autant d’adhérents ne se sont impliqués dans un tel projet :

7 mois de préparatifs ont été nécessaires avant de parvenir au tournage qui aura lieu en septembre et début octobre. Une douzaine de membres (*) du vidéoclub se sont retrouvées deux lundi par mois. Puis, une fois des petites unités de travail constituées, les réunions sont devenues mensuelles. 

  • Le montage s’effectuera à l’automne et au début de l’hiver.
  • Présenter un court-métrage d’environ 10 minutes aux rencontres régionales de Montjean-sur-Loire en 2024 constitue l’objectif final.

(*) Les premiers temps, le groupe a compté jusqu’à 18 personnes.

Nos 2 scénaristes Philippe Olliéro & Joël Seneschal :

1ère lecture des dialogues :


René Durox

Cadrage

L’atelier d’initiation au scénario du mois d’octobre 22 m’a donné envie de m’engager dans le film club. D’ailleurs, je garde sous le coude la petite histoire que j’y ai apportée sur le thème de la flaque. Ces 9 mois passés à élaborer Scala m’ont permis de revoir, et même de découvrir, les phases de la fabrication d’un film. Ça m’a donné confiance dans ma capacité de passer un jour à la réalisation de mon propre film. Je pense d’ailleurs ne pas être le seul à avoir ce ressenti. Les plus timides se disent désormais qu’ils peuvent aussi avoir de bonnes idées, et les plus assurés qu’un film fait à plusieurs mains sera nécessairement plus abouti.

J’ai ainsi pu commencer à apporter ma contribution à certains idées de cadrage ; par exemple dans la séquence de rêve où la concierge est très angoissée. J’ai pas mal discuté avec Gérard Homo pour figurer comment passer de cette séquence rêvée à la suivante où on revient à la réalité. Un film, basé sur le même principe et dont le titre est« Kes-Kidi ? »,  a déjà été mené à bien il y a de cela une vingtaine d’années.  Denis Schneider animait alors le groupe constitué principalement par les plus jeunes du club.


Philippe Olliéro

Dialogues, assistant réalisateur

J’ai aimé contribuer à un film où autant de membres du vidéoclub s’investissent. J’avais apporté deux scénarios déjà bien élaborés (Matin brun et Les lavandières de la nuit). Ce n’est pas eux qui ont été retenus. Pourtant je me suis approprié avec plaisir les quelques lignes proposées par Joël Sénéschal. Je n’ai véritablement commencé à écrire qu’après l’atelier où nous avons opté pour un début et pour une fin de l’histoire. Joël S. et moi nous avons alors imaginé des péripéties qui conduiraient de ce début à cette fin.

Par contre en ce qui concerne les dialogues, j’ai d’abord travaillé tout seul. J’ai soumis un premier jet à Joël Sénéschal un mercredi. Il l’a bien sûr enrichi. Gérard Homo s’est ensuite joint à nous. Il a beaucoup d’idées visuelles.

Il y a eu encore d’autres rencontres. Elles ont permis d’enrichir la continuité dialoguée, aussi bien lorsque nous nous retrouvions à une douzaine les lundis après-midis, qu’avec Michel Gervais pour la musique ou bien René Durox pour les idées de cadrage.

J’aimerais par la suite parvenir à constituer des équipes et tourner Matin brun ou Les lavandières de la nuit.


Yves Sost

Accessoires, décors

Je n’ai pas encore la totalité des accessoires, loin de là. Cet été, il va falloir que je relance des personnes qui pourraient mettre  disposition ce qui manque encore. Françoise Brogi m’a cependant fourni pas mal d’éléments. Le poster de Mike Brant récupéré par Daniel Reymond va constituer un bon arrière plan pour la loge de la concierge. J‘ai bien sûr fouillé dans mes propres affaires. On va utiliser par exemple le cadre d’un de mes écrans de télé.

Ce n’est qu’au montage que nous y superposerons des images anxiogènes, images que j’ai également recherchées. Du coup, je ne suis pas seulement accessoiristes, mais également truqueur.

Comme beaucoup d’entre nous, ma participation au film club était d’abord motivée par la découverte de ce qu’il y a derrière une réalisation telle qu’on la voit au cinéma. Par ailleurs, j’ai bien accroché au synopsis de film écrit par Michel Gervais, Influenceurs et seniors. Je suis convaincu qu’il est important de montrer qu’il y a des personnes qui tentent d’abuser des plus faibles. En outre je me dis que ce genre de court-métrage doit être réalisable avec nos moyens amateurs.


Daniel Reymond

Making off

Je suis très « club ». Ma tasse de thé c’est le contact, les échanges. Dès qu’on me sollicite, je suis partant pour assurer la prise de vue, ou encore pour donner un coup de main les mercredis aux adhérents qui souhaitent améliorer leurs montages. J’ai appris à manipuler 5 ou 6 logiciels.                                         

C’est parce que j’ai l’esprit « club », que j’ai accroché les wagons de ce projet collectif. J’en ai pris la responsabilité du making off. J’ai commencé par capter des séquences de travail -par exemple, celles où le groupe discutait des scènes à intégrer dans l’histoire amenée par Joël Seneschal, j’ai également filmé des moments où on apportait de petites améliorations aux dialogues, et le samedi où les comédiens ont découvert leurs rôles. Lors du tournage, je pense plutôt utiliser des photos que j’intégrerai au montage.

Depuis le temps, j’estime avoir contribué à environ 70 films, principalement des reportages, même s’il m’arrive de participer à des fictions. Notre dernier documentaire présente un marionnettiste. Mon truc quand je filme quelqu’un : j’essaie toujours de placer une petite blague. C’est comme ça qu’une personne stressée parvient à se détendre.


Gérard Homo

Découpage technique, scénario, éclairage, cadrage

Le découpage technique vient quand le scénario est déjà bien avancé. Il s’agit de traduire en images, en lumière, en son ce qui est écrit dans la continuité dialoguée.

J’avais 14 ans quand j’ai découvert le cinéma. Alors que j’étais en 4ème et en 3ème, un enseignant, Gérard Boucaud, nous a initié au langage du cinéma. J’ai cassé ma tirelire et mes parents ont participé pour m’acheter une caméra super 8. J’ai fabriqué un film d’animation avec des allumettes. J’ai pu le présenter au vidéoclub d’alors, notamment à Bernard Thomaseau que j’admire beaucoup.

En ce qui concerne le découpage technique, j’ai d’abord fait un découpage visuel. Je suis avant tout « visuel ». J’ai suivi les cours des Beaux Arts. Mais j’ai consulté d’autres modèles de découpages techniques et j’ai ajouté du son. Nous avons eu ensuite pas mal de discussion avec Philippe Oliéro qui lui est plus attaché aux dialogues. C’est toujours frustrant d’avoir conçu quelque chose et de revenir dessus. Mais nous y sommes parvenus. René Durox m’a en outre bien aidé sur les mouvements de caméra.

Par ailleurs, j’ai un film en préparation. J’ai une idée des personnages -un jeune homme, un vieillard (Bernard Moitessier)-, un lieu -Le Bono. Je recherche une jeune fille d’une trentaine d’année qui pourra m’aider à rendre réaliste les préoccupations d’une personne de cette tranche d’âge.


Danièle Ganachas

Actrice

J’ai commencé à venir aux séances préparatoires du film club seulement à partir du mois d’avril. Notre fils est lui-même cadreur, avec un statut d’intermittent du spectacle. Je voulais savoir concrètement en quoi consiste son travail. Entre parenthèse, je ne serais pas resté si je n’avais senti une grande bienveillance dans le groupe.

C’est ma première expérience de cinéma. Je connais mieux le théâtre. Je viens de jouer par exemple deux fois dans le cadre du festival Mythos. 2 jeunes comédiens avaient rassemblé des actrices et des acteurs de plus de 60 ans. Nous devions avant tout montrer comment on se sent à cette période de la vie. Le théâtre, c’est du spectacle vivant. chaque représentation est différente.

Au cinéma,  j’ai l’impression que les choses sont beaucoup moins spontanées. On ne tourne pas forcément dans l’ordre. Il va sans doute falloir attendre longtemps entre deux plans que les  cameramen, les preneurs de son, l’éclairagiste se préparent. On va devoir recommencer plusieurs fois le même plan.                                

Michel Gervais

Choix des musiques, acteur

Ce qui m’intéressait au départ c’était de voir comment se fabrique une fiction. J’ai quand même joué le jeu en proposant un scénario de quelques lignes à la première séance : Influenceurs et seniors.

Moi, jusqu’à présent, j’ai plutôt fait des films familiaux et des captations. Du coup, j’apprends beaucoup. Le film sur lequel on s’exerce prend des moyens qui me semblent comparables à ceux d’un film professionnel et les participants qui ont plus d’expérience ne cherchent pas à écraser les autres. Je serais là à la journée préparatoire, celle où techniciens et acteurs vont s’exercer avant le tournage. De toutes façons, je joue le chauffeur de taxi.

En ce qui concerne la musique, comme j’estime que les chanteurs ou les chanteuses d’opéra en font souvent des tonnes, je ne voyais pas comment trouver des passages d’Othello qui colleraient avec les séquences de Scala. Finalement, je me suis appuyé sur une traduction du livret ; elle m’a guidée dans le choix des ambiances musicales.


Bernard Gadaud

Perchman

Compte-tenu de mon investissement auprès d’un groupe de commerçants, j’imaginais ne  pas parvenir à me rendre disponible pour suivre toutes les étapes de la fabrication d’une fiction. Toutefois, même s’il m’est arrivé d’attraper des séances en cours de route, j’ai participé régulièrement aux ateliers. J’aime bien les aventures collectives ; parvenir à opter pour un scénario plutôt qu’un autre, le structurer, écrire des dialogues, proposer des mouvements de caméra, des ambiances sonores, rechercher des acteurs et des actrices, organiser le tournage, auraient très bien pu capoter en route.

Chacun ayant mis du sien, soit pour prendre sa place, soit pour en laisser aux autres , nous sommes désormais prêts à tourner. Je me suis proposé comme perchman ; un rôle où je serai « au cœur du réacteur ». J’espère d’ailleurs laisser tomber ma perche de temps à autre afin d’observer comment se déroule un tournage.

Je ne sais pas si je me lancerai un jour dans la réalisation. Je suis plutôt quelqu’un qui dessine. J’ai conscience d’être moins à l’aise avec l’écriture. Je me demande encore comment, à partir d’un point de départ, d’un détail, des idées peuvent émerger dans la tête de certains et devenir un scénario.


Irène Poirier

Scripte et intendance

Je me suis inscrite tardivement au vidéoclub de Cesson. J’ai attendu d’être en retraite. Auparavant mon travail dans une banque et les tâches quotidiennes accaparaient tout mon temps. Jean-Claude Simonney a su me guider dans mes premières tentatives pour filmer et monter.

Le film club était une occasion d’en apprendre encore un peu plus et de suivre la fabrication d’une vidéo de A à Z. D’ailleurs, je ne la voyais pas comme ça ; je pensais qu’elle nécessiterait beaucoup moins de compétences d’écriture et de techniques.

J’ai participé au tout premier atelier d’initiation au scénario en octobre 22. Je me suis étonné moi-même de parvenir à écrire une histoire qui se tenait, alors qu’un cadre et un mot plutôt vague nous étaient donnés comme points de départ.

J’ai eu l’opportunité de participer à d’autres films du vidéoclub soit en tant qu’actrice, soit en tant que script. Celui-ci est très structuré. Ça me va très bien. C’est donc assez naturellement que j’ai proposé mon aide pour l’organisation. Je me chargerai en plus du script.


Françoise Brogi

Maquillage, intendance, assistance à la réalisation

Je me suis investie dans le projet parce qu’on a bien voulu prendre en compte certaines de mes propositions. C’est moi par exemple qui ai eu l’idée d’une des scènes dans l’escalier. Et elle figure aujourd’hui dans le scénario. Avant je faisais des films en VHS. J’y évoquais des événements familiaux ou encore nos séjours de vacances. Grâce à des adhérents comme Jean-Claude Simonney ou Daniel Reymond, j’ai appris à manipuler un logiciel de montage, ainsi qu’à améliorer ma technique de prises de vues.

En ce qui concerne le maquillage, j’ai repris mes notes de la formation donnée l’année dernière. Il y était écrit qu’un maquillage de cinéma est bien plus discret qu’un maquillage de théâtre. Il consiste seulement à gommer la brillance naturelle de la peau, car elle pourrait générer des reflets gênants. Tout récemment, la vendeuse d’une boutique de produits de beauté m’a en outre appris qu’une base facilitera un meilleur accrochage du fond de teint. Je suis restée quelque temps à discuter avec elle. Elle m’a dit que ça lui plairait qu’on fasse appel à elle pour un rôle dans un de nos films amateurs


Loig Fraboulet

Direction d’acteur

La direction d’acteur, je ne l’avais encore jamais mené à un tel niveau. Les comédiens et comédiennes choisis ont des expériences très diverses ; certains viennent du théâtre, d’autres ont déjà fait du cinéma, d’autres enfin sont totalement débutants.

C’est pourquoi, nous nous sommes d’abord retrouvés un samedi après-midi pour lire les dialogues à haute-voix. Nous avons ensuite regardé les photos des décors où les scènes se dérouleront. Puis j’ai invité chacun à réfléchir aux modalités de tournage d’un plan : les fameux « silence » « moteur » « Ok pour moi » ? … J’ai aussi expliqué qu’on n’est pas obligé de partir au quart de tour lorsque le réalisateur dit « action ». On peut au contraire prendre le temps d’être tout à fait prêt. De même qu’on ne doit pas s’arrêter de jouer avant que le réalisateur ait dit « couper ». Il se peut que ce qui se passe au-delà de ce qui était écrit sur le papier soit tout à fait juste.

Acteurs et actrices se retrouvent début septembre. Je compte leur faire percevoir qu’au delà du texte il y a l’émotion et le jeu. Je leur proposerai de se filmer afin qu’ils se représentent que ce que filme une caméra est totalement différent de ce que perçoit le spectateur face à une scène de théâtre. 


Joël Seneschal

Scénariste, réalisateur, repérage des lieux de tournage

Mon tout premier synopsis s’intitulait « A la trace ». J’ai l’impression qu’il a été choisi pour sa faisabilité dans le cadre du vidéoclub. Il a beaucoup évolué au fur et à mesure de nos réunions.                                            

Philippe Olliéro s’est attelé dès les premiers temps a développer les séquences et les dialogues. C’est parfois le hasard qui nous a apporté des enrichissements. Par exemple, c’est parce que Loig Fraboulet connaissait Issiaga Sylla, un acteur noir, que nous avons introduit ce personnage d’homme de ménage. Philippe a proposé d’utiliser la musique d’Othello et le titre du futur court-métrage s’est transformé en Scala. Depuis qu’on a démarré ce projet de film club, nous y avons consacré pas mal d’heures. En dehors des réunions de concertations des lundis, il y a eu les mercredis où Philippe, Gérard, moi-même, confrontions nos idées. Michel Gervais, René, Loig ou encore Françoise Brogi ont pu aussi apporter leur contribution. Nous en sommes à la 6ème version de Scala. Il y a eu de plus des échanges de mail et des recherches que chacun à effectuées de son côté. Ainsi, j’ai fait relire le scénario à ma fille qui est réalisatrice et scénariste de profession.

Sur le papier, je suis réalisateur, mais ce sera plutôt une réalisation collégiale. Pendant le tournage, je compte m’appuyer sur la scripte Irène Poirier.

Une fois les rushes dans la boîte, ce serait bien que plusieurs petites équipes s’essaient au montage ; une façon de continuer à nous former mutuellement.

Excellente idée de Joël pour conclure !


Une distribution prestigieuse :

Mme Pichaux

Martin

Mme Robert

Ganachas

Alexandre

Sylla

Simone

Brogi

Mr Robert

Martin

Chauffeur de taxi

Gervais

Le film est donc vraiment un film club puisque tous les acteurs sont des amateurs du club, à part Issiaga. Mais c’est aussi un amateur et c’est seulement son éloignement qui fait qu’il n’est pas adhérent au club

Loig Fraboulet


Propos recueillis entre le 12 et le 20 juin 2023 par Joël G